“J'étais à deux mois de la liberté et j’ai tout gâché” - Multirécidiviste en cavale, il plaide un coup d’angoisse.
Mardi 29 septembre, les audiences du tribunal correctionnel de Bordeaux s’ouvrent sur l’affaire Jordan Percevault, voleur récidiviste et évadé de prison entre le 9 et le 27 septembre. Interpellé deux jours plus tôt à Bordeaux, il est jugé en comparution immédiate.
“Je dois vous avouer, Monsieur Percevault, que les choses se présentent assez mal”, déclare le Président du tribunal correctionnel, après avoir dépeint un portrait sans ambiguïté. Le casier judiciaire du prévenu ne compte pas moins de 14 mentions. Vols multiples, conduite en état d’ivresse : le prévenu apparaît vite comme un multirécidiviste. À seulement deux mois de sa sortie, Jordan a choisi de ne pas se présenter à son centre pénitentiaire le 9 septembre. Une fuite qu’il justifie par des menaces reçues en prison dès le début de sa semi-liberté. “Ce n’était pas prémédité, explique-t-il d’un ton plaintif, j’ai subi de fortes pressions, dont des menaces de mort. J’ai commencé à avoir des problèmes avec des détenus mais aussi des gens de l’extérieur”. Sous le coup de la panique, Jordan part. Il se rend à Angoulême, chez sa mère, où il passera 3 jours de sa cavale. Il s’enfuit ensuite vers Bordeaux, où il entre par effraction dans une résidence avant de voler une BMW dans laquelle il voulait passer la nuit. “J’ai paniqué, je n’ai pas réfléchi. J’étais à deux mois de la liberté et j’ai tout gâché.”
“Vous avez le profil type du voleur”
Submergé par l’émotion, l’avocate de la défense présente son client comme un grand sensible. Mais l’accusation reprend et botte en touche : “Depuis 2014 vous êtes entre les mains des tribunaux répressifs, à plusieurs endroits et de manière régulière. Vous avez le profil type du voleur.” Les réquisitions sont sans appel : la procureure demande un total de 14 mois d’emprisonnement ferme. La défense souligne le jeune âge de Jordan : il a encore la vie devant lui. L’espoir d’une vie meilleure qu’il avait commencé à construire en détention avec des formations en cuisine et en électricité. L’audience touche à sa fin, Jordan est invité à prononcer ses dernières paroles. “Je vous en prie Monsieur le Président, ne me donnez pas une peine trop importante. Je ne vais pas pouvoir le supporter”. Il est 15h et sa silhouette mince disparaît à l’arrière du box vitré. Quelques heures plus tard, après une suspension d’audience, le verdict tombe : Jordan Percevault passera les 14 prochains mois en prison ferme.